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une aventure passionnante à partager avec l'atelier théâtre
Le foyer rural fait encore salle comble (650 spectateurs sur deux représentations), il fait chaud. Les papas et les papis transpirent dans leurs costumes. Les petits enfants sont énervés car dans quelques minutes ils pourront voir leurs grands frères, sœurs ou cousins dans le costume réalisé dans le plus grand secret... la musique de Jean Vallée délivre ses premières mélodies, le rideau s'efface, les applaudissements nourris en disent long sur la joie anticipée de découvrir le nouveau spectacle de la troupe de théâtre de Laetitia Dalle.

Un premier personnage s'élance, seul, jusqu'à la scène, dans un monologue qui situe l'histoire dans le futur. Apparaissent ensuite des robots, taquins et pleins d'humour, des créatures amicales, aux longs poils roses. Ils viennent renseigner le grand père, rejoint par ses petits enfants, sur le moyen de retrouver Elvira, la bibliothécaire (toute ressemblance avec des personnages existants ...). Elle est responsable du classement de livres fantastiques, d'où vont sortir des personnages historiques, de la préhistoire au XXe siècle, du monde politique à la musique. Toutes ces figures qui ont marqué la mémoire collective vont se révéler bougrement caractérielles et mélangeront leurs repères temporels et matériels.
Durant deux heures, les enfants porteront le spectacle sur leurs jeunes épaules, dans un respect scrupuleux du texte et de la mise en scène, avec une concentration toute professionnelle, pour le grand plaisir des spectateurs de toutes générations. Cette réussite leur revient car leur travail mérite la reconnaissance et l'admiration de tous.
Depuis le début de l'année, le compte à rebours est lancé. Jean Renaud Dalle a livré une nouvelle pièce à son metteur en scène. Celui-ci est exigeant (mais tellement charmant) et lui a dressé une listes des contraintes à respecter ; il y a aussi une liste de libertés, à entrée unique : la nouveauté. Jean Renaud a-t-il encore connu l'angoisse de la bonne idée qui ne vient pas, du clin d'œil pas assez compréhensible, du jeu de mot en panne ? Il a dû sacrifier parfois sa vie de famille, ses amis pour être « dans les temps ». Heureusement, sa femme est compréhensive et c'est un de ses nombreux talents car elle est en fait ce metteur en scène. Quant à ses enfants, ils savent qu'ils vont encore bien s'amuser car ils font partie de la distribution. Les amis ? Ils mettent carrément la main à la pâte, pour le spectacle adultes : scénario, écriture, interprétation, décors, accessoires, technique... De l'art d'être bien entouré.
Depuis le début de l'année, donc le texte est connu.
Les décorateurs savent qu'ils devront faire au moins aussi bien que l'année dernière (souvenez-vous, l'Etoile de la Mer avec des fonds marins à couper le souffle). Ils sont anxieux. Ce qui les rassure, c'est que chaque année, ils ont pu compter les uns sur les autres. Ensemble, ils se sont découverts capables de réaliser ce qui leur semblait inaccessible. Réunies, leurs aptitudes ne se sont pas additionnées mais multipliées, chacun amenant sa richesse et ouvrant des perspectives nouvelles aux autres.
Issus de métiers aussi variés que le tourisme, les sports mécaniques, l'immobilier, l'hôtellerie, les antiquités, le stylisme, la restauration de tableaux ou l'enseignement, ils sont la preuve que la volonté plus que la formation leur a permis de donner le jour à des réalisations dont la qualité n'a rien à envier aux décors professionnels : un char pour une reine légendaire d'Egypte, des marque-pages géants, mais aussi une toile dont l'exécution n'a pas nécessité moins de 500 heures de travail. Elle représente une bibliothèque monumentale, recélant autant de volumes que de clins d'œil en hommage à leur collaboration. L'équipe fait un appel chaleureux à tous les talents, petits ou grands, que l'aventure tenterait !
Quant aux couturières, cette année encore malheureusement, leur nombre ne dépasse pas deux. Elles savent ce que cela signifie : creusage de tête, recherches iconographiques pour restituer le plus fidèlement possible la réalité historique, parvenir à dénicher, à moindres frais, des étoffes dignes d'un empereur sans s'éloigner de sa machine à coudre (le temps tourne !), des métrages de tissus en quantités nécessitant un déménageur, réussir à faire cuire une armure entière au four ménager, à faire sécher les boucliers et épées en papier mâché par temps de pluie, manier scie sauteuse et perceuse, ... mais aussi nuits blanches et tensions conjugales. Tous ces efforts pour que le beau et la magie surgissent du néant, pour être à la hauteur des espoirs des enfants.
Heureusement, elles ont leurs petits secrets, l'une d'elle enseignait d'ailleurs la confection pour une prestigieuse enseigne du Nord et déploie chaque année des trésors de patience, d'imagination, de remise en question et de créativité pour tirer parti de la récupération la plus anodine. Exigeantes quant à leur travail et perfectionnistes, il leur faudra livrer à temps quatre grognards, un Napoléon, une Sissi impératrice, une Cléopâtre et sa garde royale, des tailleurs pour femmes préhistoriques, un Vercingétorix, des créatures issues du croisement d'un Chewbacca de La Guerre des Etoiles et d'une barbe à papa, ...entre autres.
Tant de ressource donne un résultat éblouissant, étonnant et plein d'humour. Mais plus que leur compétence professionnelle, elles mettent à profit leur envie d'apprendre. Elles souhaitent, elles aussi, accueillir d'autres comparses « touche-à-tout », attirées par la couture mais surtout curieuses d'expérimenter et d'inventer des solutions créatives originales donnant, avec peu de moyens...beaucoup d'effet.
La troupe de Théâtre de Laetitia Dalle soutient cette association créée fin 2006, du nom d'un petit garçon de deux ans, emporté par une tumeur maligne du cerveau, dont la forme rare n'est pas un facteur favorable à une avancée rapide de la recherche. Servanne et Laurent Jourdy, ses parents, consacrent désormais leur énergie à sensibiliser l'opinion au drame des cancers pédiatriques qui frappent chaque année de manière aveugle 2000 enfants. 500 décèdent et 1500 gardent des séquelles irréversibles. Par le biais de manifestations, souvent sportives, toujours ludiques, l'association appelle aux dons en mettant en œuvre des moyens élargis comme la souscription en ligne, la délégation de collecte sur des sites ou blogs partenaires ou la vente de bijoux personnalisés. Plus de 150 000 € ont déjà été réunis et sont consacrés aux salaires de chercheurs, comme à des réalisations améliorant le quotidien des petits malades et de leurs proches. Des personnalités du monde artistique et sportif (comme Fabrice Santoro ou Roland Jourdain) apportent leur notoriété à cet élan de joie et de générosité qui accompagne les petits patients et leurs parents tout au long de leurs soins et réconforte les familles dont les « petites étoiles » sont allées trop tôt éclairer le ciel.
L'actualité, les projets financés et les opérations menées sont accessibles sur http://letoiledemartin.canalblog.com

Dans le cadre de son soutien à l'Etoile de Martin, Laetitia cherche des salles susceptibles d'accueillir son spectacle dont les bénéfices seront reversés à l'association.
Dans ses démarches, elle a trouvé une écoute bienveillante et enthousiaste en la personne de l'adjointe à la culture de la ville de Plaisir. Madame Marie-Jo Kollmannsberger se trouve être aussi une ancienne présidente de notre Foyer rural. Metteur en scène de formation, elle inaugurait en effet ses spectacles sur notre scène. Elle a donné un appui inespéré au projet de Laetitia (qui joua par le passé au sein de sa troupe). La municipalité de Plaisir s'est montrée favorablement sensible à la réputation des spectacles de Laetitia. Elle offre traditionnellement à Noël un grand spectacle parisien aux enfants de son personnel et a jugé d'un grand intérêt, artistique et humanitaire, que des enfants d'une commune voisine jouent devant ses plus jeunes citoyens, pour venir en aide à d'autres enfants, malades.
Nos petits acteurs seront donc au rendez-vous, en décembre prochain, sur la scène de l'Espace Coluche, pour quatre représentations au profit de l'Etoile de Martin, appuyées par le support technique (micro-casque pour chaque enfant) et sécurité d'un grand théâtre. Un challenge nouveau s'offrira à eux, qui vont se produire devant un public différent de leur famille avec l'obligation de satisfaire aux exigences d'un véritable « client ». Ils devront mettre à profit leur expérience et une maturité supplémentaire pour maîtriser instantanément un espace beaucoup plus vaste que la scène de leurs débuts.
On imagine bien l'effervescence dans les coulisses avant et pendant un spectacle qui réunit autant d'enfants (66) d'âges très différents : 4 à 11 ans. Tous ont néanmoins le même sérieux, la même concentration, conscients de leur responsabilité, confiants envers les adultes qui les ont coiffés, costumés, maquillés et gardés. Une vraie ruche bourdonne de leurs jeux, leurs rires qu'ils interrompent au premier signal des petites assistantes de Laëtitia (recrutées souvent dans la troupe des ados) alors qu'il faut monter sur scène. Tous ont à cœur de ne rien oublier de leurs accessoires et certains marchent parfois avec difficulté sous un costume trop lourd, trop encombrant... ou trop chaud ! Quelquefois, c'est la catastrophe : un robot perd un bras, l'atelier soudure est convoqué d'urgence, un grognard sous sa redingote en pure laine cherche sa bouteille d'eau, Sissi se prend les pieds dans sa robe, il faut la lui raccourcir sans perdre une minute mais sa crinoline l'empêche de monter sur la table où le travail doit se faire, un dictionnaire robot ne retrouve pas sa jambe. Tous sont d'un calme et d'une joie que leur envieraient beaucoup d'adultes dans des circonstances bien moins périlleuses. C'est pour eux qu'il faut donner, sans compter ni ses efforts ni sa disponibilité. Leur sourire, leur regard émerveillé, leur manière de vous appeler par votre prénom à la première rencontre en valent largement la peine.
Pour permettre un spectacle de grande qualité, des parents ont monté un atelier de carrosserie spécialement dédié à la conception et à la fabrication en petite série de robots domestiques (beaux et intelligents !). Ils ont développé une compétence unique qui a donné le jour à une nouvelle génération d'assistants dictionnaires et de personnels de bibliothèques. Armés d'un enthousiasme et d'une bonne humeur inoxydables, ils savent s'adapter à une commande de dernière minute.
Catherine, maquilleuse professionnelle, a le plaisir, depuis maintenant plusieurs années, de mettre sa créativité en échappement libre pour les spectacles de Laetitia, dans des maquillages spectaculaires et toujours inédits. Il n'y a pas de place pour l'improvisation et le résultat final, tout en féérie et délicatesse, ne laisse entrevoir qu'une aisance virtuose de la couleur, de la courbe, du dégradé et du trompe-l'œil. A aucun moment, le spectateur ne soupçonne la réflexion en amont ni la rigueur dans l'exécution. Alors, pas question de s'égarer ou de s'attarder, place à la magie !
Aux parents, aux grands-parents, aux amis qui se sont faits le relais de ce travail de titan.
Merci à tous ceux qui n'ont pas ménagé leur énergie et leur peu de temps libre, apporté leur originalité, leur savoir-faire, ont motivé leur entourage pour la réalisation d'un ou plusieurs costumes sans jamais perdre de vue le désir des enfants de faire du « grand spectacle ».
Merci aux mamans qui ont gardé et entouré les enfants dans les coulisses pendant le spectacle et aux jeunes assistantes qui les ont dirigés.
Merci à toute l'équipe et à la direction du foyer rural, ainsi qu'à la municipalité.
Merci à tous ceux dont le professionnalisme a permis que ce projet soit une réussite technique, du son à la lumière, des photos au DVD.
Merci aux professionnels qui ont relevé le défi, là encore dans l'urgence (mais avec toute la créativité et l'expertise que l'adrénaline peut produire), d'accessoiriser la scène, avec des piles de livres colossaux factices, en carton ou en résine.
Et enfin, merci à Jean Vallée, ce discret mais grand monsieur de la musique belge, dont la douceur des mélodies réveille en chacun la tendresse universelle de l'enfance.
Jeux de mots, c'est le titre du spectacle des 11-16 ans que dirige Laetitia. Leur attente est à la mesure de l'avenir qui s'ouvre à eux. Ils en ont conçu eux-mêmes le « squelette » : De bons mots extraits des pièces mythiques des trente dernières années. Devos, Bourvil, Patrick Timsit sont quelques uns des comiques qu'ils ont eu plaisir à rejouer. Ils ont construit un véritable scénario ayant pour cadre un palace doté d'une bibliothèque digne d'un château. Visiblement, ils se sont beaucoup réjouis de leur texte qui leur imposait souvent des costumes « à contre emploi ». Cette représentation ainsi qu'un dîner à une table chartripontaine ont couronné une année théâtrale animée.
Voici un euphémisme qui donne un titre et résume la pièce de théâtre adultes, écrite à quatre mains par un ancien du Conservatoire de Théâtre et Jean Renaud Dalle, maîtres dans l'art du vaudeville fantastique. Son affiche, conçue par une graphiste indépendante installée sur notre commune, donne le ton faussement terrifiant mais évocateur de cette pièce.
Mensonges, adultères, assassinats et vengeances s'articulent avec une efficacité désopilante autour de personnages bouillonnants de verve qui tous vont se retrouver, après de multiples rebondissements, dans l'eau (si, si !)-delà pour savourer jusqu'à la lie leur traîtrise et leur médiocrité. Armés de traits d'humour dévastateur, ils ont réjoui le public qui s'est pris à rêver de cet exutoire idéal à d'éventuelles relations difficiles avec un patron ou une belle-mère. Une seconde représentation est programmée le vendredi 23 octobre pour les spectateurs malchanceux qui n'auraient pas pu échapper à une réunion de travail ou de famille !
Ce groupe d'acteurs s'est constitué il y a trois ans, de parents qui souhaitaient s'essayer au théâtre comme leurs enfants. Dans le cadre de stages ponctuels, ils ont expérimenté le mime, l'improvisation, des exercices de diction, le développement émotionnel, corporel et de l'imaginaire dans une ambiance ludique et sans obligation de résultats.
Pris au jeu de la découverte de soi (dont on ne présente plus les bienfaits tant dans le domaine personnel que professionnel), ils ont voulu l'approfondir avec des stages plus réguliers. La suite logique de l'aventure les amène à tenter le pari de la représentation théâtrale avec le désir d'une création originale dont la réussite ne fait aucun doute. On attend avec impatience la prochaine mouture !
Il était une fois deux compères que tout aurait dû séparer. En plus de cultures professionnelles éloignées, ils ont vécu une équipée rocambolesque et ridicule, dont le pathétique aurait pu porter un coup fatal à leur amitié.
Partis aux aurores pour la Belgique, ils avaient reçu de Laetitia la mission de rapporter un livre colossal, prévu pour le décor de sa pièce et dont les dimensions nécessitaient un véhicule exceptionnel. Pleins de ressources, ils avaient eu l'idée géniale d'un van à cheval ! En chemin, ils n'ont pas manqué de se réjouir de leur astucieuse trouvaille, de la magnifique journée qui s'annonçait, de la route dégagée qui s'ouvrait à eux et surtout, de la compétence avec laquelle ils allaient rondement mener l'expédition. Après un arrêt pour un déjeuner bien mérité, mais sans faire excès de chère, ils arrivèrent enfin devant les locaux de cette fabrique improbable de livres monumentaux.
L'accueil convivial qu'ils y reçurent ne leur donna malheureusement qu'un réconfort de courte durée. Ils durent rapidement se résoudre à une funeste constatation : le livre ne rentrait pas ! Non pas que le van était trop petit, non, mais malgré tous leurs efforts (chausse-pied, entonnoir et surtout huile de coude) et bientôt ceux de tout le personnel de la fabrique, il leur fallut admettre que le livre était décidément bien grand.
Tout le monde, heureusement, était d'excellente compagnie et personne ne souffla de réflexion désagréable. En effet, faire l'économie d'une prise de mesures, avant de quitter Jouars-Pontchartrain, aurait pu arriver à n'importe qui. C'est pour cela que fut prise la décision, non pas de scier le toit, mais de rouler... hayon ouvert. Après un certain temps passé à tenter de sécuriser l'assemblage livre-van, le pilote et l'écrivain reprirent héroïquement la route. Ils évitèrent soigneusement d'évoquer les fâcheuses possibilités de croiser la maréchaussée, l'étonnement que pourrait susciter, au passage de la douane, leur colis aux allures de cercueil deux places, qui dépassait « un peu » de l'arrière. Ils parvinrent même à se détendre et à digérer les spécialités gastronomiques qui leur étaient restées sur l'estomac.
Avec un soulagement bien compréhensible et un certain retard, ils arrivèrent au terme de leur voyage, à Jouars-Pontchartrain. Mais, gâchant quelque peu leur retour victorieux, leurs épouses, pourtant douces et bien élevées, trouvèrent opportun de se moquer, au motif qu'elles « l'avaient bien dit » !